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24 février, 2011

Le premier paléo-con et le premier libertarien sous un gouvernement néo-con

Le prince André, qui n’avait pas l’air de s’intéresser aux questions abstraites, l’interrompit :

« Vois-tu, mon cher, ce qui est impossible, c’est de dire partout et toujours ce que l’on pense ! Eh bien, t’es-tu décidé à quelque chose ? Seras-tu garde à cheval ou diplomate ?

– Croiriez-vous que je n’en sais encore rien ! Ni l’une ni l’autre de ces perspectives ne me séduit, dit Pierre en s’asseyant à la turque sur le divan.

– Il faut pourtant te décider à quelque chose ; ton père attend ! »

Pierre avait été envoyé à l’étranger à l’âge de dix ans avec un abbé pour précepteur, et il y était resté jusqu’à vingt-cinq ans. À son retour à Moscou, son père avait congédié l’abbé et avait dit au jeune homme :

« Maintenant, va à Pétersbourg, examine et choisis ! Je consens à tout. Voici une lettre pour le prince Basile, et voilà de l’argent. Écris et compte sur moi pour t’aider. »

Or depuis trois mois Pierre cherchait une carrière et ne faisait rien. Il se passa la main sur le front :

« Ce doit être un franc-maçon ? dit-il en pensant à l’abbé qu’il avait vu à la soirée.

– Chimères que tout cela, lui dit en l’interrompant le prince André ; parlons plutôt de tes affaires. Es-tu allé voir la garde à cheval ?

– Non, je n’y suis pas allé ; mais j’ai réfléchi à une chose, que je voulais vous communiquer. Nous avons la guerre avec Napoléon ; si l’on se battait pour la liberté, je serais le premier à m’engager ; mais aider l’Angleterre et l’Autriche à lutter contre le plus grand homme qui soit au monde, ce n’est pas bien. »

Le prince André ne fit que hausser les épaules à cette sortie enfantine ; dédaignant d’y faire une réponse sérieuse, il se contenta de dire :

« Si l’on ne se battait que pour ses convictions, il n’y aurait pas de guerre.
– Et ce serait parfait, répliqua Pierre.
– C’est bien possible, mais cela ne sera jamais, reprit en souriant le prince André.
- Enfin, voyons, pourquoi allons-nous faire la guerre ?
– Pourquoi ? Je n’en sais rien ! Il le faut, et par-dessus le marché j’y vais. – et il s’arrêta. J’y vais, parce que la vie que je mène ici… ne me va pas ! »

J’ai suivi le débat sur la guerre de Bush. Le débat entre Pierre Bézoukhov et le prince André sur la guerre du Czar était meilleur.

Les régimes sans élections ont une supériorité esthétique sur les régimes démocratiques.

Et le czar Alexandre Ier de Russie peut être classé comme un néo-con, oui. Il avait des idées libérales avant de combattre l’impérialisme révolutionnaire du Bonaparte.

Et c’est toujours bon de citer Tolstoï.

14 février, 2011

Pendant ce temps, aux États-Unis…

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3 février, 2011

La comtesse Nordstone

Classé dans : Blogs,Hommage à  DGR,Les Plaisirs et les Jours — jorgenobre @ 4:35

 Cinq minutes après, on annonça une amie de Kitty, mariée depuis l’hiver précédent, la comtesse Nordstone.

C’était une femme sèche, jaune, nerveuse et maladive, avec de grands yeux noirs brillants. Elle aimait Kitty, et son affection, comme celle de toute femme mariée pour une jeune fille, se traduisait par un vif désir de la marier d’après ses idées de bonheur conjugal : c’était à Wronsky qu’elle voulait la marier. Levine, qu’elle avait souvent rencontré chez les Cherbatzky au commencement de l’hiver, lui avait toujours déplu, et son occupation favorite, quand elle le voyait, était de le taquiner.

« J’aime assez qu’il me regarde du haut de sa grandeur, qu’il ne m’honore pas de ses conversations savantes, parce que je suis trop bête pour qu’il condescende jusqu’à moi. Je suis enchantée qu’il ne puisse pas me souffrir, » disait-elle en parlant de lui.

Elle avait raison, en ce sens que Levine ne pouvait effectivement pas la souffrir, et méprisait en elle ce dont elle se glorifiait, le considérant comme une qualité : sa nervosité, son indifférence et son dédain raffiné pour tout ce qu’elle jugeait matériel et grossier.

Entre Levine et la comtesse Nordstone il s’établit donc ce genre de relations qu’on rencontre assez souvent dans le monde, qui fait que deux personnes, amies en apparence, se dédaignent au fond à tel point, qu’elles ne peuvent même plus être froissées l’une par l’autre.

J’ai eu un débat ici, contre la Contesse Nordstone. Mais j’ai déjà laissé tomber. La Contesse Nordstone, elle va reconnaître que s’est trompé ? Hahaha !

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